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Table des matières

 

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Ière Partie : Etude du Frelon Vespa Velutina

Agressif ou non ?

Divers exemples :

    Un gros nid situé sur une terrasse fréquentée régulièrement par l'habitant est rarement agressif : les frelons sont habitués à voir du monde. Mme Villemant me disait que ces gens pouvaient observer ce nid sans être inquiétés.

    S'ils ne sont pas habitués à voir quelqu'un, et qu'on les observe fixement sans bouger, ils finissent au bout d'un certain temps par sortir de plus en plus, et ils viennent vers l'observateur (témoignage de J. Longatte, posté à 3 m pendant 2 ou 3 mn ; les odeurs peuvent jouer). Ils sont plus agressifs quand quelqu'un « s'approche » d'eux et qu'ils n'y sont pas habitués. Certains de mes clients ont découvert l'existence d'un nid parce que des frelons venaient sur eux : ils venaient de passer à 3 ou 4 mètres d'un nid pendu sous l'avant-toit.

    Ces 2 paragraphes résument un peu la diversité des témoignages contradictoires.

 

    Un nid situé dans un arbre auquel personne n'a grimpé est le plus souvent très agressif : l'attaque commence alors que le grimpeur est à 5 ou 6 mètres en dessous du nid. Ce sont souvent les vibrations qui alertent les frelons, et l'attaque massive se déclenche souvent lorsqu'on est à 5 mètres en dessous du nid.

    Si vous dressez votre échelle et que vous l'appuyez à proximité d'un nid (situé par exemple en haut d'une façade, ou dans la charpente d'une grange) : inquiétude des frelons puis agressivité assurée. Dans un premier temps, les frelons courent à la surface du nid de façon très nerveuse, puis ils vous tombent dessus quand vous montez à l'échelle. Il est impossible, selon mon expérience, de ne pas réveiller l'agressivité des frelons, même en disposant l'échelle le plus doucement possible. Le mieux est d'attendre 5 à 10 minutes après avoir placé l'échelle, pour qu'un maximum de frelons soit rentré au nid avant l'intervention.

    En général, ils sont très agressifs lorsque leur nid est sous les tuiles d'un toit, et que quelqu'un monte sur le toit, même à plusieurs mètres du nid. J'ai vu 2 cas où des couvreurs ont reçu 3 à 4 piqûres, soit peut–être autant que ce qu'ils auraient reçu dans les mêmes conditions avec un nid de guêpes ; mais j'ai vu aussi le cas d'une dame ayant reçu 8 piqûres alors qu'elle était fort loin du nid qui se trouvait sur l'autre versant du toit.

    Si la plupart des nids sont en hauteur, j'en ai déjà vu à 50cm du sol, dans un petit arbuste à 30cm, dans des haies à 80cm et à 1m30 ; j'en ai vu un posé au sol au milieu d'un roncier. Des personnes m'ont dit en avoir détruit un à l'entrée d'un terrier. Dans tous ces cas, si l'on passe la tondeuse à proximité, attaque quasi assurée.

    En revanche, il semble que les frelons ne sont pas très agressifs lorsqu'ils sont très peu nombreux, au tout début de la formation du nid primaire : un de mes clients a observé une reine pendant la construction du nid, et pendant ses allers-retours pour nourrir ses larves ; il pouvait s'en approcher, son visage étant à 20cm du nid et du frelon.

Fausse réputation d'insectes inoffensifs :

    Comme tous les animaux, il est paisible tant qu'il ne sent pas d'agression. De plus il semble beaucoup moins attiré par la lumière que le frelon européen : il ne vient pas le soir à nos fenêtres, ni aux lampes des portes d'entrées et des terrasses. Cela contribue à faire penser qu'il n'est gênant en rien.

    Certains pensent avoir été au contact des frelons asiatiques et avoir observé que s'ils ont un comportement qui fait réellement peur, ils n'agressent pas. Cette observation est exacte dans un cas bien précis :

    En effet, lorsque les frelons se trouvent loin de leur nid, et qu'ils sont en train de « faire leurs courses », ils m'ont toujours semblé inoffensifs. C'est une impression plusieurs fois vérifiée, mais je ne pourrais pas l'affirmer catégoriquement. Lorsqu'on les trouve par exemple dans un arbre qui sécrète une sève sucrée ou qui abrite des insectes, dans des fleurs qui les attirent (néflier du japon), on peut alors passer près d'eux sans grand danger. J'ai même plusieurs fois chasser des frelons en secouant brutalement les branches : ils se postaient devant moi en vol stationnaire, ce qui est assez impressionnant ; mais ils ne m'ont jamais piqué. Certains concluent trop vite en faveur de son caractère peu agressif, mais le comportement des animaux n'est jamais régi par des lois catégoriques : je cite plus loin un cas d'agression gratuite dans une cour de récréation.

    Dans le Langonnais, le maire s'est procuré une nacelle durant l'hiver, en début 2007, pour confier à quelques chasseurs volontaires le décrochage des nids situés dans les arbres. A cette époque les frelons sont bien évidemment morts de froid, et l'on décroche un nid vide. J'ai rencontré de ces chasseurs qui faisaient partie de l'opération, et qui racontaient comment les nids de frelons sont totalement inoffensifs ! Ils l'avaient vérifié !

    Se méfier d'Internet : apparemment il court beaucoup de fausses informations sur le caractère inoffensif du frelon. Mme Villemant du Muséum Nationale d'Histoire Naturelle de Paris me disait au mois de mai 2007 sa colère de voir les bêtises qui y sont racontées et qui sont dangereuses pour les gens qui sont faussement tranquillisés. Il y a aussi l'excès inverse : le frelon piquerait parce qu'il serait naturellement agressif, et sa piqûre serait bien plus dangereuse que celle du frelon européen ; je pense que c'est tout aussi faux. Des inexactitudes sont parfois retransmises à la télévision ou à la radio par des personnes mal informées ou peu rigoureuses.

 

Conclusion :

    Suivant les circonstances, le frelon n'attaque pas toujours. C'est le cas s'il est habitué à voir du monde à proximité, ou tant que rien ne l'inquiète.

    Mais la plupart du temps il est terriblement agressif si l'on s'approche un peu trop du nid, d'une agressivité sans commune mesure avec celle du frelon européen.

    Tous ceux qui l'ont approché souvent en témoignent, et ils sont nombreux parmi les apiculteurs de Gironde. Nous contredisons donc certaines informations dangereuses véhiculées sur Internet. J'ajoute que plus le nid est gros, plus son attaque est violente, et toujours plus violente que l'attaque d'un nid de frelons européens de même taille.

Description d'une agressivité peu ordinaire :

Ils vous tombent dessus comme une pluie de grêle.

   Même en montant le plus doucement possible à l'arbre, les secousses que vous transmettez aux branches les alertent, et si vous continuez votre progression, c'est la grêle. 2 façons possibles : le plus souvent ils en tombe sur vous une dizaine par seconde, pendant plusieurs secondes. Plus rarement, ils se rassemblent tous sur la surface du nid et ils partent tous ensemble ; il en tombe alors entre 50 et 100 d'un seul coup, en une seule seconde.

   Il s'agit bien d'une véritable grêle : l'asiatique peut vous cogner avec force, ce que je n'ai jamais vu avec l'européen. Précision : si l'asiatique est bien capable de cogner ainsi, il ne le fait pas à chaque fois. Une grêle violente et massive arrive peut être 1 fois sur 10, et souvent parce que des vibrations ont mis en alerte les frelons.

Ils peuvent vous poursuivre loin :

   La première fois qu'une telle attaque m'a surpris (environ 100 frelons dans la 1 ère seconde), je suis descendu de l'arbre, et à 70 ou 80 mètres, ils se jetaient toujours sur moi, me faisant nettement sentir plusieurs impacts à la seconde.

   Une autre fois, une branche a été élaguée sans qu'on ait vu qu'elle portait un nid ; un des élagueurs a été piqué pendant longtemps malgré sa fuite. Je m'y suis rendu 7 ou 8 heures après la chute du nid ; les frelons étaient certainement plus nerveux que d'ordinaire, ils m'ont suivi pendant plusieurs minutes ; je me suis éloigné lentement, à plus de 150mètres avant d'en être débarrassé. Je marchais au milieu de la rue, surveillant qu'aucun piéton ne passe par là. Nous avions prévenu les voisins qui m'ont rapporté ensuite qu'à mon passage, j'emmenais derrière moi une nuée de frelons qui cognaient ensuite à leur vitre. C'était dans un quartier résidentiel, où les maisons sont éloignées de la route par un petit jardin. (Me contacter pour + renseignements.)

   Ces 2 cas sortent de l'ordinaire ; mais je dois préciser que mon expérience en matière de poursuite durant l'intervention est mince, car il est vraiment préférable de finir son travail avant de le quitter !

Les asiatiques sortent toujours vite et en grand nombre du nid.

   Le nombre de frelons européens qui vous agresseraient pour un nid de même grosseur est toujours bien moindre, peut être 5 à 10 fois moins.

   Lorsque j'attaquais indifféremment tous les nids de frelons, à la bombe aérosol, une fois que le nombre d'insectes volants à l'extérieur du nid diminuait, je déchirais la carapace du nid pour achever les frelons restés à l'intérieur. Il restait alors assez peu d'asiatiques dans le nid, tandis qu'à l'ouverture d'un nid d'européens j'en trouvais toujours bien plus. Cela confirme que la colonie asiatique est beaucoup plus réactive, que les asiatiques se transforment presque tous en gardes et qu'ils sortent en nombre lors d'une agression.

Leur vol est rapide et puissant.

   Les asiatiques quittent leur nid beaucoup plus vite que les européens, et leur vol est très rapide dès le départ. Les jets sous pression des bombes à longue portée les font dévier beaucoup moins que les frelons européens, qui se trouvent complètement bousculés par les jets de bombes aérosols.

Un grand nombre de piqûres :

   Sur les destructeurs de nids :

   Les asiatiques restent souvent sur vous ; ils piquent de façon répétée , au même endroit, ou en se déplaçant sur la combinaison. Ils restent en majorité sur le haut du corps : la tête ou le thorax, tandis que les européens attaque indifféremment les jambes ou le haut du corps.

   Si vous êtes suffisamment stoïque, observez ceux qui volent autour de vous : ils ne restent pas longtemps en vol, au bout de 3 secondes ils tombent brutalement sur la combinaison pour tenter de piquer ; chacun renouvelle plusieurs fois son attaque en piqué. L'attaque sur vous se fait toujours en nombre ; tandis qu'en comparaison, l'européen perd beaucoup de temps à voler autour de vous, chaque européen pique moins qu'un asiatique, et l'attaque européenne est toujours menée par un nombre moins important d'insectes.

   Lors de la destruction lente d'un nid (on grimpe dans un arbre pour l'attaquer à faible distance à la bombe, ou bien le nid est accroché sous les tuiles d'un toit qu'il faut découvrir), alors ma combinaison est beaucoup plus piquée par les asiatiques que par des européens. J'ai repassé en mémoire beaucoup de mes interventions à chaque relecture de ce rapport, et je pense bien recevoir entre 10 à 20 fois plus de piqûres d'asiatiques que d'européens dans des conditions analogues de destruction lente.

   Ce qui joue beaucoup est d'une part la vivacité du vol du frelon, qui fait qu'il est souvent difficile de l'aligner dans le jet d'une bombe aérosol, surtout quand on est trop près ou parfois en plein centre du nuage d'insectes volants ; d'autre part le fait qu'il reste sur vous ou à très faible distance (beaucoup volent à 40 cm), qu'il se pose très fréquemment, et qu'il répète ses piqûres, soit en courant sur la combinaison, soit en insistant au même endroit.

   Mais il s'agit là d'un cas doublement particulier : c'est une intervention de destruction, et en plus de destruction lente. Revenons à des circonstances plus fréquentes, celles de mes clients qui se font surprendre par des piqûres de frelons.

   Lors d'une attaque surprise sur une personne qui ignorait le nid :

   Plusieurs de mes clients ont été victimes de piqûres multiples. Je réaffirme qu'on essuie en moyenne plus de piqûres avec l'asiatique qu'avec l'européen, mais je n'accrédite pas non plus la réputation d'un insecte super piqueur ! Si à la place d'un nid d'asiatiques s'était trouvé un nid de guêpes, dans la plupart des cas mes clients auraient bien reçu autant de piqûres. Ce qui est gênant, c'est que ce sont des piqûres de frelons et non de guêpes, donc plus douloureuses et, me semble-t-il, plus dangereuses que des piqûres de guêpes !

   Plusieurs de mes clients ont eu 7 ou 8 piqûres, lors de la tonte de leur pelouse, ou lors du nettoyage de leur toit. Dans le cas des toitures, il semble que les frelons sortent en moins grand nombre : le nid est caché sous les tuiles, ce qui nous protège partiellement. Lorsque les frelons nous voient directement depuis leur nid, l'attaque est nettement plus sérieuse.

   L'élagueur dont j'ai parlé plus haut a reçu 60 piqûres ! C'est un record. Il ne savait pas qu'il s'agissait de frelons, et il en a montré un à son médecin. Ce dernier l'a rassuré en lui disant que c'était un insecte trop petit pour être le frelon asiatique dont on parle depuis quelques temps. C'est peut-être ce qui l'a sauvé, car la peur augmente largement les réactions aux piqûres. A l'inverse le calme les atténue de beaucoup , comme j'ai pu le constater au contact des abeilles, et comme d'autres l'ont constaté avec les frelons.

Suite ...

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