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Table des matières

 

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Début du chapitre ...

   2 ème témoignage :

   Rassembler le jet de plomb avec un choc au bout du fusil, ou bien découper aux ¾ le plastique de la cartouche au niveau de la bourre, pour obtenir un effet de balle capable de casser net la branche sur laquelle est le nid [ne pas expérimenter n'importe quoi pour se faire péter le fusil au visage ! M. Gergouil s'était renseigné auprès de la fédération de chasse pour savoir si la modification des munitions (découpe de la cartouche) était autorisée. A priori rien ne l'interdit.]

   Je pense que si le nid ne peut pas tomber au sol directement, mais seulement après de multiples rebonds, les frelons qui sont très vifs sortiront du nid, et vous ne détruirez pas la colonie ; même risque que précédemment, avec une colonie nerveuse et dangereuse pendant parfois plusieurs jours .

   Si le nid tombe directement au sol, et que tout est préparé pour ne laisser au frelon aucune seconde de répit au moment de sa chute, une telle action a des chances d'être efficace. Dans ce cas, être 2 ; ou si l'on est seul, répéter au préalable le geste de poser le fusil et d'empoigner les 2 bombes désinsectisantes déjà décapsulées, pour être le plus rapide possible. Avoir d'autres bombes sur soi : il arrive que certaines « foirent » (c'est assez rare).

   Un tireur a visé une branche grosse comme un manche à balai ; 1 er coup : raté ; 2 ème coup, la branche tombe directement au sol ; il se jette sur le nid avec ses bombes, toute la colonie est détruite avec fort peu de rescapés ; aucune récidive. Une autre fois, même scénario, toute petite récidive, détruite à son tour au fusil le soir tard.

   3 ème témoignage :

   Si le nid risquait de ne pas tomber directement au sol, la technique suivante conviendrait mieux : 3 chasseurs, bons tireurs, avec des fusils 3 coups, ont tiré 3 salves très rapidement. Soit 9 décharges au total ; à la troisième salve, le nid est tombé, complètement haché et en miette, éparpillé et sans insectes volants. Ils étaient tous déchiquetés.

Consignes supplémentaires :

   Si l'on tire le matin tôt, ou le soir tard, on tue plus de frelons car il y en a moins au dehors, et on a moins de récidive. Voir aussi le chapitre « l'exceptionnelle résistance du frelon » pour le choix de bombes efficaces, et pour ne pas laisser sur place un paquet de frelons qui semblent morts mais dont quelques uns pourraient rebâtir un nid de récidive ou piquer un curieux qui penserait qu'il n'y a plus de danger.

Aspect légal :

   Lors de l'Assemblée Générale du S.A.G., quelqu'un a précisé qu'il était nécessaire pour le tir au fusil de demander les autorisations légales obligatoires à la préfecture, et de ne pratiquer le tir qu'en présence des gendarmes et d'un garde-chasse. Après renseignements auprès de la Fédération Départementale des Chasseurs de Gironde (05.57.88.57.00) rien de ceci n'est confirmé (sauf si information complémentaire et référencée de la part de mes lecteurs), mais il semble plutôt que :

   Il n'existe de réglementation sur l'utilisation des armes que dans la cadre de la chasse et de la destruction de certains nuisibles ; les distances de sécurité vis à vis des habitations sont données dans le cadre de la chasse. Il n'y a aucune législation autorisant l'utilisation d'armes contre le frelon, qui ne fait pas partie des nuisibles régulables ou destructibles par le tir.

   Par contre en période de chasse, le chasseur en règle peut tirer dessus. Et la Fédération nous dit que si l'on met en évidence que la destruction des nids durant l'hiver est utile pour la destruction des fondatrices, alors très certainement tous les chasseurs y participeront.

   Mais pour cela il faut une consigne à destination de la Fédération de Chasse, émanant soit du préfet, soit du Conseil Départemental de la chasse et de la faune sauvage. Siègent à ce conseil :

      •  un représentant du préfet,

      •  le Service Régional de Protection des Végétaux, qui s'occupe déjà du plan de destruction du ragondin. Contacter son président, M. Landureau.

      •  La chambre d'agriculture : les apiculteurs peuvent la contacter pour lui faire part de la diminution du nombre de fondatrices hibernant dans les nids, grâce à la destruction des nids par le tir au fusil.

   En dehors d'une consigne du Conseil Départemental à destination des chasseurs, et pour une action durant la période de chasse, seule une consigne émanant du préfet pourrait autoriser l'utilisation des armes à feu pour détruire les nids de frelon.

   (Rappeler aux chasseurs le respect des nids de pie, prédatrice d'européens, donc peut-être aussi d'asiatiques. Aucune observation menée dans ce domaine.)

   Conclusion :

   Rappel : selon la législation, seul un chasseur en période de chasse peut tirer sur un nid.

   Aujourd'hui, vu le peu d'essais sérieux et concluants, le tir durant les périodes de chasse devrait être expérimenté à plus grande échelle par des chasseurs guidés par un recenseur de nids.

   Vu l'état des expérimentations menées à ce jour, on ne peut envisager le tir qu'en tout dernier recours, lorsqu'il est vraiment impossible d'atteindre un nid important suspecté de commettre des ravages importants sur un rucher. Nous désapprouvons vivement toute infraction à la loi, ne serait-ce que pour être assuré.

Exemple d'une intervention incomplète :

   A Cérons, en zone habitée et à 25 mètres de la maison la plus proche, un nid d'asiatiques est accroché dans un acacia à 20m de haut, au centre d'un bosquet. En octobre, quelqu'un parvient à faire éclater le nid.

   Pendant 8 à 10 jours, toute la colonie est dispersée, mais pas tuée. Les frelons restent sur place, notamment dans le jardin de la maison la plus proche, habitée par une dame âgée. Ses petits enfants me téléphonent de Paris à plusieurs reprises pour me dire que la dame ne peut plus sortir de chez elle : elle est immédiatement environnée de plusieurs frelons manifestement agressifs, qui sont partout dans la pelouse et les plantes de son jardin. Dès qu'elle ouvre la porte ou une fenêtre, il en rentre parfois 2 ou 3.

   Le mauvais piégeage et l'empoisonnement non ciblé :

   Le remède est bien pire que le mal lorsqu'on utilise des pièges qui attirent par leur odeur, et qui capturent indifféremment toutes les espèces d'insectes. Mme Claire Villemant (*) s'oppose catégoriquement à toute mesure mal ciblée. De nombreux essais ont été menés par des apiculteurs se concertant durant toute la saison 2007, en relation avec M. Daniel Gergouil, vétérinaire conseil du GDSA 33.

   Sur la fabrique des pièges, sur les trous qui laisseraient échapper les insectes non visés, sur la compositions des appâts, se rapprocher du GDSA (président Yves Body : 05.57.35.35.77 ; vétérinaire M. Gergouil : 06.18.62.09.69 / 05.57.40.36.60). Des informations plus précises seront diffusées soit par mails à tous les adhérents, début mars 2008, soit dans les actualités de ce site. L'étude de différents pièges est en cours durant ce début 2008.

   Par ailleurs certains ont posé la question de l'emploi de poisons sur de la viande, pour tuer le frelon. Même remarque : mesure non ciblée exclusivement contre le frelon, avec un danger d'une contamination en cascade d'une longue chaîne alimentaire, si ces poisons violents restent actifs dans les cadavres de frelons que dévorent ensuite les oiseaux. D'ailleurs le frelon qui emporte à son nid de la viande empoisonnée peut crever en cours de route et empoisonner n'importe quel autre animal attiré soit par le frelon soit par la viande.

   (*) Mme Claire Villemant est chercheuse au CNRS, spécialisée en entomologie. Elle s'est déplacée pour voir les pompiers du Lot et Garonne qui avaient des témoignages intéressants sur l'agressivité du frelon, et pour venir chercher chez plusieurs personnes (dont M. Gergouil, M. Dugrand et moi-même) des nids de frelons congelés qu'elle voulait analyser et scannériser. (01.40.79.38.41 villeman@mnhn.fr ; Muséum National d'Histoire Naturelle, Mme Villemant, UMR 5202, CNRS – MNHN entomologie, 45 rue Buffon, 75005 Paris).

   Taille des trous et ouvertures sélectifs abeilles / frelons :

   De nombreux apiculteurs ont réduit leurs entrées de ruche. Je n'ai pas d'expérience personnelle en la matière. Il semble que 5,5 mm diminuent le passage des frelons, mais pas totalement, tandis que 5mm empêchent 100% des essais d'intrusion du frelon, sans gêner le passage des abeilles portant le pollen. Observations menées par Guy Donnot de Pessac (05.56.45.81.36) et par de nombreux apiculteurs.

Moyens de lutte à la portée de tous

Le piégeage :

   Il s'agit d'attirer le frelon dans des pièges sélectifs , souvent appelés « pièges à bière », en suivant les recommandations en page précédente, sur le respect de la faune. Je vous retransmets ici ce que des personnes ont longuement pratiqué. Les meilleurs conseils vous à demander à M. Gergouil, le vétérinaire du GDSA.

   Personnellement je n'ai jamais piégé et j'aurais aimé faire l'impasse sur cette question, pour la laisser à d'autres. Mais là encore, des amis insistent pour que je la traite avec tout ce que j'ai pu recueillir d'informations, parce que c'est une pratique de plus en plus répandue. Il vaut alors mieux donner des recettes et des conseils qui limiteront les dégâts que pourraient causer des apiculteurs non avertis sur des insectes utiles, voire sur des espèces protégées ou en voie de disparition.

   Se fabriquer un bon piége sélectif restera facile  :

   Découper le haut d'une bouteille plastique, inverser le goulot et le faire pénétrer en force dans la bouteille ; certains y mettent quelques agrafes, mais ça empêche l'ouverture du piège pour délivrer les espèces non visées.

   D'autres utilisent les grandes bouteilles de 5 l. sans les modifier ; le frelon ne s'en échapperait pas, car une fois dans la bouteille il cherche à monter. Arrivé à la courbure du haut de la bouteille, il refuse de continuer à suivre le chemin vers le goulot parce que la pente n'est plus assez forte. Si par contre vous utilisiez des bouteilles très fines, sans épaulement, sur le modèle des bouteilles de vins d'alsace, tous les frelons s'en échapperaient.

   Il faut encore éviter que les insectes ne se noient, et placer soit une petite grille, soit des flotteurs (en polystyrène par exemple). Pratiquer des trous de 5 mm pour permettre aux autres insectes qui ne sont pas des frelons de s'échapper, le mieux étant d'éviter les bords tranchants qui abîment les insectes, en chauffant un peu les arêtes des trous. Une part des insectes de petite taille pourra ainsi s'échapper, mais ces mesures ne sont pas suffisantes ; nous reviendrons sur d'autres précautions indispensables, notamment la surveillance quotidienne du piège pour délivrer les insectes non ciblés. D'après les observations de plusieurs, il n'y a pas à craindre que les insectes s'entredévorent dans le piège.

   Quelles recettes pour attirer efficacement le frelon, sans les autres insectes ?

   Miel et confiture attirent indifféremment beaucoup d'insectes. Il semble que la recette suivante attire spécialement le frelon, et quasiment pas d'autres insectes :

•  ¼ de canette de bière

•  autant de vin blanc

•  un peu de sirop de cassis améliore l'appétence (genre sirop pour enfant)

•  surtout un trait de picon, un apéritif qu'on trouve en grande surface ; ce picon semble efficace pour attirer préférentiellement le frelon aux autres insectes.

   Un piège propre, sans aucun insectes dedans attire beaucoup moins qu'un piège avec des frelons dedans ; quand vous renouvelez le jus, y remettre dedans une dizaine de frelons issus de l'ancien jus. Bon, c'est de la cuisine…, mais ça marche. Il y a d'autres recettes qui marchent parfois très bien, mais de façon moins universelle, c'est-à-dire qu'elles marchent dans certains cantons et pas dans d'autres, ou à certaines époques et pas à d'autres.

   C'est qu'en effet les besoins alimentaires du frelon varient suivant les saisons. (Les apiculteurs qui appâtent le frelon près de leurs ruches pour le piégeage à l'épuisette s'en sont rendu compte. Parfois les frelons recherchent les sucres, d'autrefois les protéines. En tout cas si vous voulez utiliser l'épuisette, un des meilleurs appâts serait le merlu ou le merluchon.)

   Le respect des insectes protégés, et de la faune en général

   Il n'y a pas de piégeage responsable, et respectueux de la faune, sans une visite quotidienne pour libérer toutes les espèces qui ne sont pas visées ; surtout si l'on pratique abondamment le piégeage aux abords des anciens nids de frelons, pour capturer les fondatrices en début de saison.. Les seuls visés sont les asiatiques, pas même les européens.

   Pour les reste de l'année, il est important de ne placer de tels pièges qu'aux abords des ruches, ou sous des plantes dont les fleurs attirent une grande quantité de frelons asiatiques, (néfliers du japons, lierre, etc.). Dans des endroits qui ne sont pas particulièrement des territoires de chasse de l'asiatique, le piégeage massif avec des pièges peu sélectifs est déconseillé.

   Les abords des ruches sont différents à cause de la grande quantité de frelons qui y viennent. Mais la consigne d'utiliser des pièges sélectifs s'applique toujours.

   Enfin, il m'est bien difficile de traiter précisément un sujet qui fait encore l'objet d'études et d'essais au moment où je rédige ce rapport. Je souhaite que ce que j'écris soit vite dépassé par des avancées concrètes et probantes.

La destruction d'un nid accessible :

   Le mieux est d'attendre le soir tard, qu'un maximum d'insectes soit rentré, ou d'y aller le matin très tôt. Soyez habillés suffisamment, car si vous faites un faux geste, vous risquez l'attaque en règle ! M. Gergouil a détruit beaucoup de nid en s'habillant comme pour la destruction du frelon européen ; je pense que c'est insuffisant. Tant que tout se passe bien, ça va ; mais dans le cas où les frelons sortiraient en grande quantité, vous courrez selon moi le risque de recevoir des piqûres plus profondes que celles de l'européen. Avec l'asiatique, l'épaisseur des vêtements compte plus que leur solidité ou leur prétendue résistance.

   Ceci dit, mes plus vifs encouragements à ceux qui s'y mettent ; il ne faut pas non plus rester paralysé par la crainte d'une attaque apocalyptique ! Je le redis, M. Gergouil, et plusieurs autres ont pratiqué de nombreuses destructions sans être piqués. (Ce n'est pas l'avis de mon épouse : il faut être un peu piqué pour faire un tel métier !) Il y a 2 méthodes :

   M. Gergouil préconise de s'approcher vivement et par surprise du nid, et de pulvériser la bombe dans l'entrée du nid pendant quelques secondes (formulation efficace contre l'asiatique !!!). Vous bouchez immédiatement l'entrée de ce nid avec un chiffon, ou avec du plastique à bulle pour les emballages. Vous entendez un bruit terrible pendant 5 à 10 minutes, après quoi vous pouvez enlever le plastique à bulles, et emporter le nid dans un sac poubelle. Il y aura quelques risques de récidive, mais c'est inévitable avec les asiatiques. Je répète la condition importante : ce risque de récidive est diminué si vous intervenez la nuit.

   Surtout, avant d'attaquer le nid selon la première méthode, vérifiez bien auparavant, pendant quelques minutes en plein jour, qu'il n'y a qu'une seule entrée au nid. Il m'est arrivé plusieurs fois (proportion de 2% environ) de trouver des nids qui avaient de petites ouvertures secondaires, parfois sur les côtés, parfois assez haut. Si c'était le cas, recourez à la 2 ème méthode. C'est celle que j'utilise le plus souvent.

   La 2° méthode nous évite de rester pendant 5 à 10 minutes sur l'échelle, mais il faut que le nid soit sur une surface bien plane, ou alors qu'on soit très habile et plus rapide que le frelon…

   Il s'agit d'enfermer rapidement le nid dans un sac poubelle, et je le décroche. Avoir un geste précis, très vif (au besoin répéter la manœuvre avant l'attaque réelle) pour éviter que des frelons ne s'échappent lors du décrochement du nid. J'ai toujours plusieurs seaux de différents diamètres, et je dispose dedans mon sac poubelle, en plaçant mes mains sous le rebord du sac, autour du seau. Je plaque le seau sur la surface du plafond auquel est accroché le nid, et je fais glisser violemment le seau pour décoller le nid ; je referme le sac sur le nid sans m'occuper du seau qui tombe par terre le plus souvent. Avec de l'habitude, le tout dure 2 à 3 secondes, fermeture du sac comprise. Vous descendez de l'échelle, et vous ouvrez un tout petit peu le sac pour y mettre un coup de bombe.

   Cette technique ne convient certainement pas si le nid est traversé de petites branches qui empêchent de l'entourer rapidement. Il faut être vif et sûr de ses gestes pour ne pas laisser échapper trop de frelons.

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