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Table des matières

 

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Mais des moyens totalement disproportionnés.

   La lutte ponctuelle que peuvent mener des apiculteurs ici ou là ne suffira jamais pour endiguer l'invasion du frelon et ses dégâts.

   Du côté des désinsectiseurs professionnels, 2 problèmes se posent :

   D'une part, il n'y a pas encore de solutions adaptées, à cause de la hauteur de la plupart des nids. L'utilisation de nacelles pour monter en haut des arbres est à éviter : des tarifs exorbitants ont eu cours ces derniers mois en Gironde.

   Je pense qu'il faut développer au maximum l'emploi de cannes télescopiques pour injecter une poudre désinsectisante. En combinant les échelles et la canne télescopique, on atteint parfois les 15 mètres. Encore faut-il que la forme et la solidité de l'arbre permettent d'y appuyer une échelle ! Et puis une chose est d'atteindre un nid pour le poudrer avec une canne légère, une autre chose est de pouvoir faire tomber ce nid empoisonné : il faut alors une canne plus solide qu'une canne de poudrage. (Tous ceux qui auraient des idées pour réaliser de telles cannes télescopiques, de 15 mètres à 30 mètres , sont invités à participer au forum Internet de ce site, ou à me joindre exceptionnellement au 05.56.62.64.88 si l'idée est sérieuse.)

   D'autre part, la lutte reste assez inefficace si l'on voulait réduire l'impact négatif du frelon, car trop de nids ne sont jamais détruits. En tant que professionnel, je remarque que seules les personnes conscientes du danger des nids à proximité de leur habitation les font détruire. De très nombreux nids ne sont pas détruits malgré leur accessibilité.

   Notre lutte pour diminuer la population des frelons semble également disproportionnée devant le développement exponentiel des nids auquel on assiste depuis 3 ans. Cette multiplication des nids se fait surtout par les reines fondatrices qui hibernent. Chaque nid développe en fin de saison un nombre de futures reines qui n'est pas encore bien évalué.

   Il semble maintenant certain qu'il n'y a pas d'essaimage en cours d'année, et que la multiplication se fait seulement par les reines qui traversent l'hiver. Dans la mesure où il n'y a pas multiplication exponentielle des nids durant la saison du frelon, cela nous encourage alors à continuer la lutte. Nos efforts ne seront pas inutiles pour diminuer l'impact du frelon sur l'année en cours, s'ils sont menés sur un grand nombre de nids et pas seulement sur ceux qui inquiètent la sécurité civile. Ces mesures risquent d'être partiellement rattrapées par la multiplication des reines à l'automne, mais l'on peut espérer contenir ce fléau de notre écosystème.

   Un modèle : l'exemple de La Réole :

   En plein centre ville, sur un carrefour important en circulation de piétons et voitures, à 14m de haut, un nid d'asiatiques. La Régie des services municipaux de gaz et électricité de la Réole a mis à disposition sa nacelle (comme me l'avait proposé un responsable de la Régie qui m'avait fait intervenir sur des poteaux d'électricité de la ville) ; la police municipale a maintenu un périmètre de sécurité et fait la circulation.

   1) Si les moyens municipaux étaient mis à la disposition spécialement pour la destruction d'asiatiques, ce serait bien ; les services des eaux, de gaz et d'électricité des communes ou des communautés de communes pourraient mettre leurs nacelles à disposition dans les cas où il n'est pas possible d'agir avec les seules cannes télescopiques.

   2) Par ailleurs, il est parfois possible d'atteindre sans nacelle des nids haut perchés pour les poudrer, mais il est bien plus difficile de faire tomber ces nids sans nacelle. (Le nid que j'ai poudré dans un cèdre à 20 mètres de haut près de l'école maternelle de St Pierre de Mons a été décroché par les employés municipaux.)

   3) Le décrochage de tous les nids poudrés pourrait être effectués par les services municipaux (sauf quand le particulier peut le faire lui-même). Cela ne représenterait pas encore un grand nombre de nids à décrocher par an : peut être 2 ou 3 par commune en moyenne. Cela éviterait au particulier de repayer une 2 ème intervention, alors qu'il a déjà payé une 1 ère intervention de désinsectisation, à cause de ce fléau régional.

   Ces 3 exemples ne peuvent être suivis par l'ensemble des communes sans l'appui des pouvoirs publics, le préfet par exemple. Car à la Réole, la Régie Municipale ignorait sans doute qu'en faisant ainsi, elle pouvait porter tort à un éventuel loueur de nacelles qui aurait pu se plaindre. Les pompiers de Langon m'ont bien dit que dans des cas d'extrême hauteur ils ne pouvaient pas me prêter leur échelle, même exceptionnellement, à cause du risque de concurrence vis-à-vis des entreprises de location de nacelles.

   Mais pourquoi les entreprises de désinsectisation ne se muniraient pas de nacelles ?

   Le coût d'une nacelle et de son entretien est trop important pour une activité saisonnière ; de plus, l'utilisation de la nacelle est restreinte aux seuls nids que l'on ne pourrait atteindre avec des cannes télescopiques. J'ai détruit beaucoup de nids d'asiatiques sans même avoir recours à ces cannes ; en effet, les nids pour lesquels je suis appelé sont rarement des nids très haut perchés ; en 2007, les gens demandent les services payants d'une entreprise lorsqu'ils craignent pour leur sécurité. Si la plupart des nids de frelons sont très hauts, les nids qui inquiètent vraiment sont majoritairement des nids accessibles avec une échelle et/ou une canne.

   C'est pourquoi je préconise plutôt la mise à disposition du matériel communal, ce qui ne concernera qu'une faible proportion d'interventions si le contexte de 2008 ressemble à celui de 2007.

IIIème Partie : Apiculture et Frelons chinois :

Prédation, espoir de cohabitation ? Nos actions en apiculture.

 

L'abeille et les insectes se défendent-ils du frelon chinois ?

   D'une part les importants dégâts du frelon sur l'ensemble des insectes.

   Dans les ruchers :

   Les rapports lors des Assemblées Générales du Syndicat Apicoles de Gironde et. du G.D.S.A. sont formels et sans aucune atténuation possible, malheureusement, sur les dégâts très importants constatés sur les ruchers.

   Certains ruchers possédant de nombreuses ruches ont été complètements détruits. Un exemple notoire est sans doute celui du rucher que le S.A.G. a installé dans le Parc Bordelais, en centre ville de Bordeaux.

   Ces 10 ruches étaient pourtant régulièrement visitées ; la dévastation rapide et complète du rucher n'est donc pas due à l'absence de visite pendant 2 mois (fatale en cas de pression de frelons aux alentours). Ce n'est pas non plus le manque de moyens mis en œuvre pour tenter de dénicher les nids des environs. 1 nid découvert par le S.A.G. et 6 autres nids détruits par des citadins aux alentours.

   Comment le frelon opère-t-il ?

   Il y a parfois 4 frelons en chasse, soit sur la planche d'envol, soit en vol stationnaire devant la planche. Chacun met environ 20 secondes pour trouver l'abeille faiblarde qui manque de nervosité ou qui est trop chargé de pollen pour lui échapper. Pendant ce temps, il y a souvent un autre frelon en attente, 30 cm derrière le prédateur, afin de prendre sa place et de continuer la ponction sitôt que le premier frelon laissera sa place libre.

   Conséquences :

   Les ruches dont les frelons font ainsi le siège ne se nourrissent plus ni ne s'abreuvent, elles ne rentrent plus de pollen. On observe un arrêt de la ponte et de la miellée, et une baisse rapide de la population due à l'effet conjuguée de cette asphyxie et du prélèvement par le frelon.

   Déséquilibre de tout notre écosystème :

   La seule conséquence sur les abeilles entraînerait une baisse de la pollinisation, et donc de notre biodiversité. Malheureusement il est bien difficile de mesurer d'une part l'importance de cette pollinisation par butinage, et d'autre part la quantification des effets à long terme de cette pollinisation par butinage ; si ces mesures étaient réalisables, il faudrait alors pratiquées en plusieurs endroits, les uns sinistrés, et les autres indemnes de la présence de ce nuisible non reconnu officiellement. Or le manque de données chiffrées et scientifiquement établies n'aide pas les apiculteurs à faire reconnaître en haut lieu le danger du frelon pour l'équilibre de notre écosystème.

   Mais le danger ne guette pas seulement les abeilles puisqu'en plusieurs coins du département on signale la totale disparition des insectes qui venaient sur les fleurs  ; certains chrysanthèmes odoriférants qui attiraient chaque année quantité de mouches et d'insectes en tout genre se trouvaient complètement vides de cette faune diversifiée, et l'on observait en revanche 1 ou 2 frelons venant régulièrement visiter les fleurs en question (témoignages de M. Dugrand, et d'une personne de Cenon dont j'ai perdu les coordonnées). Les néfliers du Japon, qui attiraient beaucoup d'abeilles en octobre 2006, n'étaient plus visités en 2007 que par des frelons chinois (témoignage de .M. Cassagne à Pian / Garonne).

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